09/04/2015

Genevois, de classe sociale basse ou moyenne et je vote à droite, WTF?!

Alors que je n'ai que 29 ans et que je vois l'évolution de Genève pour mes semblables, c'est-à-dire la classe sociale basse et moyenne, qui vit autour de moi, qui gagne entre 3000 et 5500 francs mettons, et qui vote à droite, je me demande ce qui se passe ?! Pourtant, voter à droite, surtout à l'extrême droite, c'est aller à l'encontre des politiques aidant son quotidien, et c'est là que je me demande pourquoi? Mais pourquoi ces Genevois, souvent jeunes, ne touchant pas de bons salaires (voir des salaires misérables), ayant difficilement accès aux aides sociales et aux loisirs pas chers, pourquoi ces gens-là voteraient pour des partis qui votent des lois allant à l'encontre de l'amélioration de leurs vies.

Ces mêmes gens pour la plupart, ne votent pas assez souvent et montrent leur désintérêt pour la politique (surtout locale) alors qu'il en va de la défense de leurs acquis sociaux, culturels et économiques. Je me dis alors que c'est peut être une question de marketing politique, que le fédéralisme n'est pas facile à comprendre et que les sujets de discussion sur le live de Léman Bleu sont tout sauf sexy (surtout au vu du comportement de certains conseillers municipaux, ça frôle bien souvent le niveau garderie)

En espérant que ce blog pourra modestement en éclairer certains, je vous expose en quoi un vote de droite se traduirait dans le quotidien du Genève que je côtoie et qui ressemble à celui de tant de Genevois. Reprenez l'article de Monsieur Mabut publié aujourd'hui sur "l'Abécédaire d'une horlogerie fine: la fiscalité communale" (http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/abecedaire-horlogerie-fine-fiscalite-communale/story/22816044) pour comprendre la complication du système de péréquation financière des impôts qui, en deux mots, assure un rééquilibrage des finances communales entre les communes les plus riches (grâce à leurs contribuables) et les communes les plus pauvres ou les plus peuplées. En votant à droite, c'est le risque de mettre en cause ce système de financement fiscal que vous prenez. Sans aller trop dans le détail, si on commence à taxer les gens en fonction de leur lieu d'habitation uniquement, c'est toute une série de financements venant des communes les plus riches au bénéfice des communes les plus peuplées (et souvent composées d'une forte concentration de classe sociale basse et moyenne) que vous prenez le risque de voir disparaître.

En d'autres mots, quand je vis en Ville de Genève, que j'appartiens à la classe sociale basse ou moyenne, que je profite d'aides sociales communales (qui se font de plus en plus rares), d'installations sportives et culturelles, de tout une gamme de services de "facilitation du quotidien" comme j'aurais tendance à l'appeler (subventions aux clubs de foot, aux camps de vacances pour les enfants, aux bibliothèques et maisons de quartiers, aux crèches, etc.), pourquoi est ce que je voterais pour un parti qui veut remettre en cause le financement de tout cela? Pourquoi est ce que je prendrais le risque de donner un vote à ceux qui veulent économiser de l'argent sur le social, la culture ou l'administration publique alors que je suis le premier à en profiter? Les temps se font dur pour la tradition sociale de Genève, les préjugés sur la dette, son remboursement et la déresponsabilisation des partis de gauche sont de plus en plus en présents alors que les bons résultats sont là. Si vous pensez qu'il faut protéger ces acquis, que oui, Genève est une des villes les plus chères du monde et qu'il n'est pas facile de s'en sortir quand on appartient à ces classes sociales, qu'il est juste de trouver un équilibre entre communes riches, pauvres, peuplées et moins peuplées, ALORS SVP, VOTEZ LE 19 AVRIL, il en va de la survie de vos acquis et de l'amélioration de votre quotidien.

13:17 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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