14/04/2015

Parce qu'il ne s'agit pas simplement de prix du billet TPG et d'une "saine concurrence" entre taxis et Uber

Ce matin je m'essaye à un sujet qui passionne les Genevois (et les Verts), les transports dans le canton, et plus particulièrement, les transports publics et les taxis. Deux choses m'étonnent:

1) Comment peut-on se plaindre de la réduction des fréquences de certaines lignes TPG quand on refuse de financer les 1.8 mio manquants alors que la réduction du prix du billet a été votée deux fois par le peuple?

2) Comment peut-on se plaindre contre l'interdiction d'Uber au nom de la concurrence et de la baisse du prix des taxis en arguant la mobilité douce et l'amoindrissement du "tout-voiture" alors qu'on refuse de voter ce qui la favorise comme la priorité de circulation pour les TPG et les taxis?

En parlant du prix du billet des TPG, il s'agit de dénoncer ici une hypocrisie de la part de certains de nos politiciens. On savait depuis longtemps que la baisse du prix du billet coûterait 1.8 mio chf, et quand il s'agit d'appliquer la décision du peuple, on refuse de financer le trou avec les deniers publics. Mais expliquez-moi comment vous espériez financer l'argent manquant des TPG, par le Saint Esprit, par l'augmentation des prix de la pub ou par des services extras à bord, type massages et manucures?! N'en déplaise à certains, le vote du peuple était conscient et la dépense publique pour la baisse du prix du billet était claire. Il est hypocrite aujourd'hui de dénoncer la baisse de fréquence en dénonçant la baisse du prix du billet. Il est encore plus hypocrite de refuser 1.8 mio chf aux TPG (un service d'utilité publique, je le rappelle) et être capable de demander 1.2 mia chf pour une traversée de la rade. On ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre et le "c.." de la crémière comme on dit, la démocratie n'est pas un package optionnel, il faut aller au bout de la décision populaire (même si elle va à l'encontre de ses idéaux politiques).

Pour ce qui est d'Uber et de son interdiction, nous faisons face aux Mousquetaires du libéralisme économique qui crient au scandale, à la liberté d'entreprendre, au droit à la concurrence qui feraient baisser les prix. Et bien messieurs-dames, malgré le fait que je sois de gauche, j'aimerais vous rappeler qu'une concurrence n'est saine que quand elle se base sur des circonstances de marché égalitaires pour tous les acteurs. Qu'on se le dise, je ne suis pas entièrement pour l'interdiction de ce service, je suis le premier à demander la démocratisation des coûts du taxi à Genève, et enfin je ne suis pas contre la concurrence économique dans l'optique d'une baisse de prix, mais il y a un "mais": la concurrence doit être loyale. Sans défendre les chauffeurs de taxi, nous nous devons de reconnaitre que leurs arguments sur leurs conditions service comparées à celles d'Uber, sont justifiées. Je m'explique; quand on paie une licence de taxi à 80'000 chf, que l'on paie des montants d'assurance élevés pour protéger ses clients, et surtout quand on paie des impôts, on ne peut pas se taire devant un concurrent qui joue sur le même terrain mais qui bénéficie de règles du jeu différentes. Il y a tout d'abord une question de sécurité pour les clients de ces services et il y a une question de traitement égalitaire. La solution existe, elle se situe "entre deux"; soit on trouve un moyen de faire baisser les frais de fonctionnement des taxis via une autonomisation et une non-dépendance aux centrales, soit on oblige Uber à responsabiliser ses chauffeurs via le passage d'un permis de conduire adéquat, le paiement d'assurances pour leurs clients et surtout le paiement d'impôts pour ceux qui en vivent à pleins temps.

Je le répète depuis souvent, la transition énergétique et la rationalisation de la consommation passe par les partages de service et la baisse des prix, je suis le premier défenseur de ce genre de service type Uber, Airbnb ou autre initiative d'économie collaborative à partir du moment où cela se fait sur une base loyale et dans le respect de la loi. C'est le message que j'essaie de faire passer depuis longtemps, avant de penser à une traversée de la rade de 1.2 mia chf, commençons par démocratiser les transports publics (via une baisse du prix et une augmentation des fréquences, notamment à la rive droite où les habitants des communes de périphérie comme Bellevue, Genthod, Collex bossy ou autre, sont souvent délaissés dans les plans des TPG) et baisser le coût des transports alternatifs.

13:46 Publié dans Transports genevois | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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