19/10/2015

« Race blanche », UDC et libéralisme, mes nouvelles motivations pendant les quatre ans à venir…

Il m’aura fallu une nuit, un bon café et une aspirine pour digérer à nouveau cette déception, voire même cette honte après un « autre dimanche noir » de votations. Encore une fois, mon pays, comme le reste de l’Europe, penche historiquement à droite alors que l’immigration récente ne représente qu’un pourcent de population, que le taux de chômage est stable et bien bas, que l’économie se porte au mieux, bref que la Suisse va bien.

On peut alors donner toutes les raisons que l’on veut afin de justifier ce choix pour le parti agrarien mais la réalité est là, plus on avance, moins on voit l’importance de protéger les acquis sociaux et plus on est séduit par les partis sans programme de fond, « anti tout et pro rien » justifiant dans le même temps les thèses les plus xénophobes. Moi qui n’ai que 29 ans, quand je vois ce que propose l’UDC aujourd’hui, je me demande décemment comment on peut aller dans leur sens. L’UDC pendant la dernière législature, c’est l’initiative « immigration de masse » qui n’a causé que des torts au gouvernement, à l’université et aux autres acteurs à venir (dont nous attendons encore les sanctions quand l’UE abordera le cas dans son agenda), l’achat de Gripen (chers, inutiles et ne répondant pas au besoin actuel de transition de l’armée), le refus insensé d’aller vers la diminution du nucléaire (sans compter la légèreté avec laquelle ils ont abordé les récents accidents de transport de matière dangereuse), etc.

Mais voilà, plus l’ambiance penche à droite plus cela me motive, me dire que j’aimerais laisser à mes enfants un monde meilleur et une Suisse dans laquelle j’aurais été en mesure de protéger les acquis sociaux pour lesquels nos Paires (Hans-Peter Tschudi, Ueli Leuenberger, Micheline Calmy-Rey, Patrice Mugny et tant d’autres) ont combattu. Laisser un Parlement qui déciderait un peu plus de financer d’avantage l’armée, de couper les aides sociales (de plus en plus strictes au niveau des critères d’obtention et ne couvrant pas les besoins actuels), de libéraliser encore plus le marché sans que les grosses machines installées en Suisse ne paient leurs dus au moment où on demande aux citoyens de se serrer la ceinture, voilà ce que je ne peux accepter. Je l’ai toujours dit, en Suisse, il n’est pas facile d’avoir moins de 30 ans, d’être de gauche et d’avoir un nom à consonance « exotique », mais c’est justement parce que j’ai décidé de devenir suisse, que j’ai acquis les valeurs qui ont fondé la Confédération que je ne peux me permettre de me taire et de laisser faire la dérive actuelle.

A l’UDC et au PLR, même si vous avancez, nous ne disparaitrons pas, et plus vous revenez sur nos acquis, plus nous irons au charbon. La transition énergétique, le respect des valeurs humanitaires de la Suisse, la juste protection des acquis sociaux (surtout en temps de prospérité économique), les changements sociaux (parité homme-femme, mariage pour les couples du même sexe, la mise en place d’un congé parental digne de ce nom) et la remise en question des bastions des lobbies faisant du tort à la Suisse (l’exportation d’armes, la baisse du coût des assurances et le rééquilibrage de la juste contribution des fortunes en Suisse), sont NON NÉGOCIABLES. Il est important de trouver des compromis dans les quatre années à venir mais cela ne se fera pas aux prix de nos fondamentaux. D’avance, bon courage à vous.

 

A bon entendeur…

13:36 Publié dans Fédérales 2015 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |