03/11/2015

Plaidoyer pour un Conseil Fédéral multiculturel et partouzeur

Chère future Assemblée Fédérale,

Je me permets de prendre non pas ma plume mais mon clavier pour attirer votre attention sur le choix que vous devrez faire afin d’élire nos sept futurs sages au titre de Conseillers fédéraux. En effet, j’ai aujourd’hui 29 ans, j’habite dans un canton où 60% de ses habitants sont issus de la migration et dans un pays où un tiers des 6,9 millions d'individus âgés de 15 ans ou plus sont issus de la migration[1]. Mais voilà, il existe un problème puisqu’un candidat prétendument « sérieux » au Conseil des Sages a utilisé une série de mots qui font insulte à la Suisse, à mon canton et à ma propre personne ;

« Le multiculturalisme est à la société ce que la partouze est à l’amour ».

Dans un Conseil où ses membres sont appelés à la concordance et à la collégialité, comment peut-on imaginer élire une personne qui crache publiquement sur une part importante de l’histoire et de l’identité de la Suisse ? Comment me rabaisser moi, produit de l’amour issu d’une union entre une franco-suissesse et un tunisien, à une vulgaire image de pratiques sexuelles appartenant à Sodome et Gomorrhe ou à Youporn ? Comment peut-on imaginer représenter les Suisses dans leur globalité quand on compare le multiculturalisme de la société à une partouze en amour ?

Je n’oserais pas faire ici un plaidoyer en faveur du multiculturalisme en Suisse, je considèrerais cela comme étant une insulte à l’intellect et l’éducation publique suisse. Plutôt que de répondre à ce monsieur, je voudrais vous parler de ma réalité, celle d’un Suisse multiculturel issu de « l’immigration », ayant moins de 30 ans et ayant grandi autour de lui avec le multiculturalisme comme seule et unique vérité de son environnement. En effet, j’ai passé ma maturité avec des profs s’appelant Lopreno ou Pellegrini, j’ai été entrainé au foot par un Antonino et je me fais jusqu’à maintenant couper les cheveux par une Saïda, et devinez la meilleure, ils sont tous(tes) suisses. Ce multiculturalisme s’exprime de nos jours en majorité à Genève (60%) comme à Bâle (51%) et en moyenne à 35% dans les origines de la population de notre pays. Cela va même plus loin puisque pendant la dernière coupe du monde de football, j’ai pu assister à un match où notre équipe nationale possédait 14 joueurs sur 23 qui sont nés à l’étranger ou issus de parents étrangers[2].

Je vous le demande donc solennellement, le 9 décembre prochain, quand il s’agira de renouveler le Conseil Fédéral, prenez vos responsabilités et nommez-y des Sages qui soient à l’image de tout le pays et dans la concordance la plus totale. En d’autres mots, faites honneur à ce tiers de suisses issus de la migration et prônez « le multiculturalisme de partouze » comme principe fondateur de l’identité helvète.

#JeSuisPartouze1986 #GoodLuckOskarCF2016 #FreysingerGate

Interview d'Oskar Freysinger par Charlotte d’Ornellas datant du 2 novembre 2015; http://www.bvoltaire.fr/oskarfreysinger/multiculturalisme-a-societe-partouze-a-lamour,216041

02:57 Publié dans Fédérales 2015 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

19/10/2015

« Race blanche », UDC et libéralisme, mes nouvelles motivations pendant les quatre ans à venir…

Il m’aura fallu une nuit, un bon café et une aspirine pour digérer à nouveau cette déception, voire même cette honte après un « autre dimanche noir » de votations. Encore une fois, mon pays, comme le reste de l’Europe, penche historiquement à droite alors que l’immigration récente ne représente qu’un pourcent de population, que le taux de chômage est stable et bien bas, que l’économie se porte au mieux, bref que la Suisse va bien.

On peut alors donner toutes les raisons que l’on veut afin de justifier ce choix pour le parti agrarien mais la réalité est là, plus on avance, moins on voit l’importance de protéger les acquis sociaux et plus on est séduit par les partis sans programme de fond, « anti tout et pro rien » justifiant dans le même temps les thèses les plus xénophobes. Moi qui n’ai que 29 ans, quand je vois ce que propose l’UDC aujourd’hui, je me demande décemment comment on peut aller dans leur sens. L’UDC pendant la dernière législature, c’est l’initiative « immigration de masse » qui n’a causé que des torts au gouvernement, à l’université et aux autres acteurs à venir (dont nous attendons encore les sanctions quand l’UE abordera le cas dans son agenda), l’achat de Gripen (chers, inutiles et ne répondant pas au besoin actuel de transition de l’armée), le refus insensé d’aller vers la diminution du nucléaire (sans compter la légèreté avec laquelle ils ont abordé les récents accidents de transport de matière dangereuse), etc.

Mais voilà, plus l’ambiance penche à droite plus cela me motive, me dire que j’aimerais laisser à mes enfants un monde meilleur et une Suisse dans laquelle j’aurais été en mesure de protéger les acquis sociaux pour lesquels nos Paires (Hans-Peter Tschudi, Ueli Leuenberger, Micheline Calmy-Rey, Patrice Mugny et tant d’autres) ont combattu. Laisser un Parlement qui déciderait un peu plus de financer d’avantage l’armée, de couper les aides sociales (de plus en plus strictes au niveau des critères d’obtention et ne couvrant pas les besoins actuels), de libéraliser encore plus le marché sans que les grosses machines installées en Suisse ne paient leurs dus au moment où on demande aux citoyens de se serrer la ceinture, voilà ce que je ne peux accepter. Je l’ai toujours dit, en Suisse, il n’est pas facile d’avoir moins de 30 ans, d’être de gauche et d’avoir un nom à consonance « exotique », mais c’est justement parce que j’ai décidé de devenir suisse, que j’ai acquis les valeurs qui ont fondé la Confédération que je ne peux me permettre de me taire et de laisser faire la dérive actuelle.

A l’UDC et au PLR, même si vous avancez, nous ne disparaitrons pas, et plus vous revenez sur nos acquis, plus nous irons au charbon. La transition énergétique, le respect des valeurs humanitaires de la Suisse, la juste protection des acquis sociaux (surtout en temps de prospérité économique), les changements sociaux (parité homme-femme, mariage pour les couples du même sexe, la mise en place d’un congé parental digne de ce nom) et la remise en question des bastions des lobbies faisant du tort à la Suisse (l’exportation d’armes, la baisse du coût des assurances et le rééquilibrage de la juste contribution des fortunes en Suisse), sont NON NÉGOCIABLES. Il est important de trouver des compromis dans les quatre années à venir mais cela ne se fera pas aux prix de nos fondamentaux. D’avance, bon courage à vous.

 

A bon entendeur…

13:36 Publié dans Fédérales 2015 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

22/09/2015

Encore un coup d’épée dans l’eau ô combien opportuniste et manipulateur de la part du MCG et de l’UDC

Étonnantes que ces propositions du MCG et de l’UDC quelques semaines avant les élections fédérales qui illustrent parfaitement la démagogie et la manipulation de ces deux partis. Nous apprenons dans un article d’Eric Budry («Le MCG fait convoquer le Parlement pour une séance spéciale sur l'asile[1] ») que les deux partis de la droite dure, veulent amener des « solutions d’urgence » qui, non seulement vont à l’encontre des politiques qu’ils mènent depuis plusieurs années, mais qu’en plus, sont amenées devant une instance (le Grand Conseil) qui n’a pas le pouvoir de régler ces questions (puisqu’elles sont du ressort fédéral). L’UDC et le MCG, grands amis des migrants et des réfugiés se soucieraient de leurs cas en proposant les mesures suivantes;

a)  a) Renforcer nos frontières face aux réfugiés et de requérir l'armée comme appui au travail effectué par le Corps des gardes-frontière

b)  b) Que le Conseil d'Etat écrive au Conseil fédéral pour lui dire que Genève refuse «les quotas de migrants imposés par l'Union européenne»

c)   c) Revoir la clé de distribution des requérants entre les cantons et en attribuer moins à Genève.

Plus forts encore, les champions politiques de l’immigration, thématique si chère à leurs préoccupations, voudraient «restructurer l'aide au développement en favorisant, avec le même budget, l'aide d'urgence» ou encore « aider les réfugiés sur place de préférence». Nous allons y aller point par point tellement il y aurait à redire. Tout d’abord, si ces messieurs-dames veulent des solutions « crédibles » à une problématique si complexe, pourquoi ne se tournent-ils pas vers les acteurs qui travaillent sur la chose au quotidien et que notre canton finance (notamment la Fédération Genevoise de Coopération ou le Service de la Solidarité Internationale) avant de déposer à la va-vite des propositions farfelues. Ensuite, si ces partis veulent aider les réfugiés sur place via les finances du Canton, pourquoi ont-ils voté pour une coupe de 500'000 chf dans le budget annuel de la FGC[2] qui mène des projets visant à protéger ces mêmes victimes de guerre dont ils veulent soudainement s'occuper ?

Le pompon reste tout de même ces propositions bizarres que tout politicien, un minimum instruit juridiquement parlant dans notre canton,  ne puisse décemment oser en discuter comme si elles étaient crédibles et plausibles. Premièrement, le budget et le rôle de l’armée ne permettent pas à cette instance un déploiement aux frontières pour des raisons exceptionnelles d’immigration, ce n’est ni envisageable ni réalisable. Deuxièmement, le Canton de Genève, étant membre d’une Confédération, ne peut remettre en cause un engagement fédéral sur un "quota d'immigration" avec un partenaire bilatéral sur un sujet pour lequel il n’est pas compétent (cours de droit public international, 4ème année de collège). Et finalement, revoir la clef de distribution des requérants entre Genève et les autres cantons n’est pas possible puisque actuellement Genève en reçoit seulement 5,6%[3] (soit 84 personnes sur 1500 que la Suisse s’est engagée à prendre), ce qui nous rend déjà que peu crédibles. Ce chiffre représente en effet 12% de moins que Zurich (17%), 2% de moins que l’Argovie (7,7%) ou encore 8% de moins que Berne (13,5%), alors que ces mêmes cantons sont soit plus petits soit plus riches que nous. Allons messieurs, arrêtons de perdre notre temps avec vos séances extraordinaires pour discuter de solutions dont des politiciens sérieux n’oseraient même pas rigoler. Revenons en plutôt à de vrais sujets de campagnes électorales fédérales comme l’afflux de frontaliers qui piquent les jobs des chômeurs, le voile intégrale d’une dizaine de femme en Suisse ou encore l’immigration DE MASSE qui pompent tant dans nos finances publiques et nos valeurs confédérales…    

 

 

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