04/05/2015

Le voile intégral en Suisse? Un non-problème destiné aux mêmes fins populistes qui nous fatigue et maintenant, CA SUFFIT!

Chers Messieurs-Dames de l'UDC, vous, votre voile, vos attaques anti-musulmanes, cela nous fatigue et ca commence à bien faire

Quelle est ma surprise en lisant ce matin un article annonçant non pas encore un projet farfelu et anti-musulman de l'UDC mais plutôt l'aval qu'on lui a donné à la chambre basse de notre Parlement (http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/fautil-interdire-voile-integral-suisse/). Mais ou va-t-on, pourquoi voulons nous toucher à la paix religieuse qui règne en Suisse depuis longtemps, pourquoi veut-on encore stigmatiser une minorité qui s'intègre parfaitement et qui a toujours respecté les lois de notre Constitution quand il s'agit de pratiquer leur religion et pourquoi normalise-t-on les idées de l'UDC, depuis quand sommes nous devenus la France et depuis quand nos politiciens se prêtent au jeu de la normalisation des idées d'extrême droite?! Combien y'a-t-il eu d'attentats en Suisse, combien y'a-t-il de femme voilée intégralement en Suisse et combien sont les compatriotes ou les femmes vivant en Suisse portant niqab ou la burqa et combien y-a-t-il eu de menace terroriste avérée provenant d'une personne accoutré de telle manière ? Aucune des autorités de notre pays n'a été capable de répondre à cette question tant les priorités sont ailleurs et surtout tant le nombre négligeable de cas en fait se traduit en un non-problème de société. Utiliser la menace terroriste globale comme justification à l'atteinte de droits humains fondamentaux inhérents à l'identité de la Suisse et à sa politique tant à l'interne qu'à l'externe, est tout sauf patriotique. Ces processus politiques appartiennent aux pays autoritaires ou schizophrènes dont nous n'avons aucune leçon à recevoir et dont, par fondements historiques et politiques, nous ne pouvons suivre l'exemple.


Si la France, un pays de 65 mio. d'habitants, en comptait 367 cas en 2009 (http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20090729.OBS5866/seules-367-femmes-porteraient-la-burqa-en-france.html), proportionnellement en Suisse, on arriverait à 45 cas pour 8 mio. d'habitants. C'est absolument ridicule et sans fondement de vouloir s'acharner encore une fois sur les musulmans de Suisse pour 45 cas potentiels de femmes voilées intégralement. De plus, je vous rappelle que la plupart des femmes que l'on voit en public portant le niqab ou la burka sont des touristes souvent venues du Golf et faisant le bonheur des artisans et commerçants du pays. Vous qui voulez protéger les petits artisans, sachez que votre initiative qui ne fera pas changer d'avis les femmes en question, n'aura comme conséquence qu'une énième stigmatisation d'une minorité plus qu'intégrée et exemplaire en Suisse, une conséquence qui s'illustrera dans les porte-monnaies des commerçants faisant un chiffre assez conséquent grâce à cette clientèle estivale.

Sans vouloir entrer dans les détails de la question religieuse, il faut rappeler que la majorité des musulmanes de notre pays ne portent ni le niqab, ni la burqa puisque c'est un habillement qui ne correspond pas aux mœurs et à la pratique de l'Islam de Suisse. Alors que le Tessin a décidé en 2013 de manière assez contestable d'adopter une telle loi, la conséquence s'est dessinée dans la réaction des ONG dont Amnesty International qui dénoncent l'inconstitutionnalité d'un tel projet (http://www.amnesty.ch/fr/pays/europe-asie-centrale/suisse/docs/2013/le-tessin-accepte-linitiative-anti-burqa-un-resultat-contraire-aux-droits-humains-et-a-la-constitution-suisse). Moi qui me réclame de la trempe des juristes progressistes, j'entrevois très bien les desseins de cette initiative, préparer le terrain afin de faire passer le droit international au second plan, d'abandonner notre tradition moniste (http://www.parlament.ch/f/suche/pages/geschaefte.aspx?gesch_id=19963479) et centenaire du respect des engagements internationaux dont les conventions portant sur les droits humains fondamentaux comme : "liberté d'expression et à la liberté de manifester sa religion ou ses conviction".

Une telle initiative violerait les engagements de la Suisse par rapport à plusieurs des conventions qu'elle a signé et ratifié:

a) Alinéa 2 de l'article 15 de la Constitution fédérale: "Toute personne a le droit de choisir librement sa religion ainsi que de se forger ses convictions philosophiques et de les professer individuellement ou en communauté."

b) Article 9 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Liberté fondamentales (protocoles 11 et 14): http://conventions.coe.int/Treaty/FR/Treaties/Html/005.htm

c) Alinéa 1 de l'article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques: "1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu'en privé, par le culte et l'accomplissement des rites, les pratiques et l'enseignement" (http://www.ohchr.org/FR/ProfessionalInterest/Pages/CCPR.aspx)

Les minarets en 2009, l'immigration soit disant de masse le 9 février de cette année et maintenant le voile intégral, VOUS ALLEZ VOUS ARRÊTER OU?!? Si le but de ce genre de stratégie politique mesquine et à la limite de la xénophobie anti-Islam est de chasser les musulmans de Suisse ou qu'ils vivent leur religion dans le secret, la honte et à l'abri des regards extérieurs, laissez-moi vous affirmer que vous n'y arriverez pas messieurs-dames. Ce pays vit une paix religieuse entre les différentes communautés depuis fort longtemps et l'argument anti-terroriste que vous prenez pour justifier ce genre d'initiative ne fait qu'exacerber les idées populistes et se destine à menacer cette paix religieuse que nous avons construit au fur et à mesure de la constitution de notre Confédération.

Vous qui avez si peur de ressembler à la France, vous qui défendez un modèle d'intégration suisse qui marche, faites preuve de civisme et reconnaissez que les musulmans de Suisse sont des citoyens et citoyennes intégrés, qu'ils pratiquent leur religion dans le cadre de notre Constitution sans poser le moindre problème et qu'une loi les stigmatisant dans un tel contexte est inutile et n'a pour but qu'atteindre leur dignité et leurs convictions ENCORE UNE FOIS!

Continuez à vous acharner, continuez à mettre en doute la constitutionnalité et les mœurs des pratiques de l'Islam en Suisse, vous ne vous étonnerez pas de voir des réactions similaires à celles qui ont eu lieu en France. En remettant en cause la "suissitude" de certains de nos concitoyens, vous remettez en cause un modèle d'intégration qui marche, vous prenez unilatéralement le risque de les voir se radicaliser et surtout vous remettez en cause leur patriotisme qui s'est avéré être indiscutable notamment au niveau de leur engagement dans l'armée, la meilleure preuve de leur intégration (http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/29752484). Après tout, l'Islam de Suisse est la religion d'une minorité composant l'identité multiple de notre pays, sa pratique est indiscutablement compatible avec les principes de notre Confédération, il n'y a que vous pour agiter des démons invisibles. Et bien messieurs-dames, nous ne laisserons plus faire de telles pratiques tout simplement parce qu'elles ne nous appartiennent pas!

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21/04/2015

La Ville de Genève, cet ovni qu'on a du mal à apprivoiser...

Une Genève de gauche pendant 24 ans, une Genève d'extrême droite, puis une Genève qui se raisonne

Il y a 4 ans de cela, les Genevois et leurs voisins (suisses et étrangers) étaient choqués de voir le triomphe chantant au rythme du "Cé qu'è lainô" d'un parti d'extrême droite, qui axait sa campagne sur les "on dit", l'affabulation du "frontalier" et sur l'arrogance populiste. Une commune profondément de gauche depuis 24 ans qui ose imiter son voisin français et s'essayer à l’extrême droite pour retrouver la sécurité financière et celle de l'emploi. Cette gauche se reposant sur ses lauriers et en tête Les Verts, vrai baromètre de la vigueur de gauche dans la commune. Puis finalement, au bout de 4 ans de mandat, à coup de gueulantes médiatiques, de slogans ouvertement xénophobes, de scandales politiques  (comme l'éviction de Monsieur S. du GC), les Genevois, bien que ne participant qu'à hauteur de 34%, ont décidé de revenir à la raison et de supprimer 7 sièges de ce parti obscurantiste dans 5 communes: Bardonnex (-2), Bernex (-2), Chêne-Bougeries (-2), Pregny-Chambésy (-1) et Veyrier (-2).

Le copinage et le populisme ne font jamais recette à long terme dans la Cité de Calvin

Comme le rappelle si justement un autre blogueur de la TDG (Alexis Barbey: http://alexisbarbey.blog.tdg.ch/archive/2015/04/20/le-capitole-et-la-roche-tarpeienne-266524.html), le copinage politique et le populisme ne font pas recette dans la Cité. Il faut rappeler ce qu'ont été ces 4 années avec le MCG: leçons de morale au nom de la Genève silencieuse et absentionniste, des messages simples et faciles qui n'ont rien de solutions politiques, un copinage politique d'autoritaristes qui décident de qui, sur sa liste, aura le droit ou non de "dénoncer le copinage du CM", une qualité de conseiller frisant le niveau café du commerce faisant du CM une cour des "bouffons". A cet égard, nous pouvons dire maintenant que les Genevois tiennent à ce que le message d'ouverture internationale ne soit pas ébranlé par ce genre de campagne politique, que le frontalier n'est pas un problème, bien au contraire, c'est une solution pour notre marché de l'emploi qui manque de main-d'oeuvre qualifiée dans certains domaines et de certaines compétences très spécifiques. Mais surtout, il démontre qu'on ne rigole pas avec la politique, on ne fait pas du pouvoir législatif communal un terrain de jeu où l'on s'insulte, on se lance des verres d'eau et où l'on remet en cause le pouvoir du Président du Conseil, encore plus quand tout cela se passe sous l'oeil attentif et public du big brother Léman Bleu.

Une tradition de gauche qui s'effrite et des idées vertes répandues qui servent tout le monde sauf Les Verts eux-mêmes

Même s'il est à noter qu'au niveau de l'exécutif la gauche se préserve (à voir si Monsieur Pagani sera élu aux côtés de ses alliés vraisemblablement le 10 mai) avec en tout cas 3 sièges sur 5, au niveau du pouvoir législatif c'est tout autre chose. Entre 2011 et 2015, la gauche faisait passer ses budgets et ses idées, souvent de justesse, grâce à des échos auprès du PDC et du MCG et surtout grâce à ses 39 sièges (sur 80), mais pour la prochaine législature, cela s'annonce encore plus difficile puisque la gauche ne compte plus que 37 sièges. Avec le PDC et le MCG dans leurs rôles confortés d'arbitres, ce sont les idées de gauche, tradition de la cité de Calvin, qui sont menacées. Et à tout cela s'ajoute le fait que l'évolution des Verts fait preuve de baromètre gauchiste, puisqu'en 2011, ils perdaient 4 sièges et qu'aujourd'hui ils en perdent encore 3 pour arriver à un total de 8 sièges alors qu'ils en comptaient encore 15 avant 2011. Mais à part le fait que la gauche perde du terrain, cela voudrait-il dire qu'il ne fait plus bon être écolo dans la Ville de Rousseau?! Quand on voit un parti socialiste gagner du terrain, une extrême gauche (en ballotage défavorable à cause du bilan mitigé et des attaques sur son magistrat) qui ne perd que 2 sièges, nous comprenons bien que les idées vertes ont gagné les autres partis et que ceux-ci draguent maintenant assez bien l'électorat Vert. Mais, plus les Verts régressent et plus c'est la tradition gauchiste de la Ville qui en souffre.

Verts, de gauche et capable du mea culpa

C'est justement pendant cette campagne que nous avons vu les critiques envers les Verts; tantôt accusés de terrorisme anti-voitures, tantôt d'écolos à tendance trop gauchiste ou encore d'utopistes cinglés et radicaux. Les idées vertes, bien de gauche et bien écolos, ont fait le nid des votes en faveur de Monsieur Barrazone (Conseiller administratif de l'environnement urbain et la sécurité) et de son bilan, par exemple ; j'en veux pour preuve les résultats suivants proposés et votés par la gauche et à sa tête les Conseillers municipaux Verts:

- Urbanature (partenariat public-privé): une végétalisation temporaire des espaces urbains de la Ville, le réaménagement de la pointe nord de Plainpalais, replantage d'arbres

- Augmentation du nombre et des horaires des policiers municipaux, ouvertures de postes de police

- Les horaires de la voirie sont élargis et la restauration mobile est démocratisée

Il est donc évident que le message Vert n'est plus, dans l'inconscient des électeurs, si réservé aux écolos, qu'il est possible de rester écolo et de voter Vert Lib', Socialiste ou PDC et finalement, que les Verts soient aussi représentés ou pas importe peu. J'espère que la gauche arrivera, grâce à son pragmatisme et ses alliances, à faire avancer son programme entre 2015 et 2020 mais j'espère aussi que nous verrons également qu'avec 8 Verts, ce n'est pas pareil qu'avec 11. Que le Vert restera toujours de gauche parce que cela fait parti de son identité, quoi qu'en disent les critiques et les opportunistes mais que le Vert manquera à son électorat quand il s'agira de voter au courage des mesures environnementales face au laxisme et à la lenteur des changements de mentalité, au centre comme chez d'autres politiciens de gauche (je pense notamment à l'absurdité lancée au niveau du cantonal pour permettre aux motos et scooters d'emprunter les voies de bus).

Jeunesse, naïveté et réalité des urnes

Pour ma part, je me présentais pour la 1ère fois avec, comme j'avais l'habitude de le dire en campagne, 3 biais à ma candidature : j'avais moins de 30 ans, j'étais de gauche et surtout j'avais un nom à consonance exotique. En plus de cela, situation professionnelle oblige (décrochant un mandat en Afrique que je ne pouvais refuser bien après ma nomination comme candidat), je faisais mes deux derniers mois de campagne depuis l'étranger en pensant qu'avec du terrain pendant 2 mois et du "online" sur les réseaux sociaux pendant les deux derniers mois, cela passerait. Avec 3506 voix, j'arrive honorablement 16ème sur 29, cumulant 423 biffages (1/3 de plus que la moyenne des autres candidats Verts), pas très loin des 134 voix qui m'auraient permises d'atteindre le score de notre valeureux jeune Vert "Simon Gaberell" qui sera sûrement élu une fois l'élection de notre magistrate Esther Alder confirmée au CA. J'ai bien sûr cru en mon élection comme "2ème ou 3ème vient ensuite", en me disant que mon profil un peu exotique, mes idées Vertes mais axées sur la relance de notre jeunesse via le logement, l'économie de proximité et collaborative, ainsi que la démocratisation des transports "alternatifs" paieraient, mais voilà, ma naïveté de candidat geek de réseautage social me ramène à la réalité de l'urne. J'ai fait campagne pour la jeunesse et le renouvellement de la gauche plus en général, et dans le négatif personnel, il y a une satisfaction générale, la contribution modeste à la mise en avant des jeunes de mon parti (Simon comme futur élu, Joris Vaucher comme premier "vient ensuite" et Antoine Maulini placé 6ème "vient ensuite" avec un honorable score). J'en suis persuadé, la gauche sans des Verts forts en paiera le prix, que ce soit au niveau communal, cantonal ou fédéral, notre ligne est directe et sans égale, nous faisons de l'environnement une priorité sans menu au choix pour des décisions environnementales parfois difficiles mais ô combien importantes dans la Suisse d'aujourd'hui (je pense à la sortie du nucléaire, à une taxation environnementale et généralisée, ou encore à la démocratisation de l'économie collaborative dans notre pays). Nous reviendrons, en ayant appris de nos erreurs, mais nous reviendrons, comme sûrement en 2018 lors de Cantonales par exemple, à bon entendeur, salutations, ;)

01:58 Publié dans Municipales 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

14/04/2015

Parce qu'il ne s'agit pas simplement de prix du billet TPG et d'une "saine concurrence" entre taxis et Uber

Ce matin je m'essaye à un sujet qui passionne les Genevois (et les Verts), les transports dans le canton, et plus particulièrement, les transports publics et les taxis. Deux choses m'étonnent:

1) Comment peut-on se plaindre de la réduction des fréquences de certaines lignes TPG quand on refuse de financer les 1.8 mio manquants alors que la réduction du prix du billet a été votée deux fois par le peuple?

2) Comment peut-on se plaindre contre l'interdiction d'Uber au nom de la concurrence et de la baisse du prix des taxis en arguant la mobilité douce et l'amoindrissement du "tout-voiture" alors qu'on refuse de voter ce qui la favorise comme la priorité de circulation pour les TPG et les taxis?

En parlant du prix du billet des TPG, il s'agit de dénoncer ici une hypocrisie de la part de certains de nos politiciens. On savait depuis longtemps que la baisse du prix du billet coûterait 1.8 mio chf, et quand il s'agit d'appliquer la décision du peuple, on refuse de financer le trou avec les deniers publics. Mais expliquez-moi comment vous espériez financer l'argent manquant des TPG, par le Saint Esprit, par l'augmentation des prix de la pub ou par des services extras à bord, type massages et manucures?! N'en déplaise à certains, le vote du peuple était conscient et la dépense publique pour la baisse du prix du billet était claire. Il est hypocrite aujourd'hui de dénoncer la baisse de fréquence en dénonçant la baisse du prix du billet. Il est encore plus hypocrite de refuser 1.8 mio chf aux TPG (un service d'utilité publique, je le rappelle) et être capable de demander 1.2 mia chf pour une traversée de la rade. On ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre et le "c.." de la crémière comme on dit, la démocratie n'est pas un package optionnel, il faut aller au bout de la décision populaire (même si elle va à l'encontre de ses idéaux politiques).

Pour ce qui est d'Uber et de son interdiction, nous faisons face aux Mousquetaires du libéralisme économique qui crient au scandale, à la liberté d'entreprendre, au droit à la concurrence qui feraient baisser les prix. Et bien messieurs-dames, malgré le fait que je sois de gauche, j'aimerais vous rappeler qu'une concurrence n'est saine que quand elle se base sur des circonstances de marché égalitaires pour tous les acteurs. Qu'on se le dise, je ne suis pas entièrement pour l'interdiction de ce service, je suis le premier à demander la démocratisation des coûts du taxi à Genève, et enfin je ne suis pas contre la concurrence économique dans l'optique d'une baisse de prix, mais il y a un "mais": la concurrence doit être loyale. Sans défendre les chauffeurs de taxi, nous nous devons de reconnaitre que leurs arguments sur leurs conditions service comparées à celles d'Uber, sont justifiées. Je m'explique; quand on paie une licence de taxi à 80'000 chf, que l'on paie des montants d'assurance élevés pour protéger ses clients, et surtout quand on paie des impôts, on ne peut pas se taire devant un concurrent qui joue sur le même terrain mais qui bénéficie de règles du jeu différentes. Il y a tout d'abord une question de sécurité pour les clients de ces services et il y a une question de traitement égalitaire. La solution existe, elle se situe "entre deux"; soit on trouve un moyen de faire baisser les frais de fonctionnement des taxis via une autonomisation et une non-dépendance aux centrales, soit on oblige Uber à responsabiliser ses chauffeurs via le passage d'un permis de conduire adéquat, le paiement d'assurances pour leurs clients et surtout le paiement d'impôts pour ceux qui en vivent à pleins temps.

Je le répète depuis souvent, la transition énergétique et la rationalisation de la consommation passe par les partages de service et la baisse des prix, je suis le premier défenseur de ce genre de service type Uber, Airbnb ou autre initiative d'économie collaborative à partir du moment où cela se fait sur une base loyale et dans le respect de la loi. C'est le message que j'essaie de faire passer depuis longtemps, avant de penser à une traversée de la rade de 1.2 mia chf, commençons par démocratiser les transports publics (via une baisse du prix et une augmentation des fréquences, notamment à la rive droite où les habitants des communes de périphérie comme Bellevue, Genthod, Collex bossy ou autre, sont souvent délaissés dans les plans des TPG) et baisser le coût des transports alternatifs.

13:46 Publié dans Transports genevois | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |