02/04/2018

Jeunesse genevoise, lève-toi et vote !

Au sortir d’un débat sur la jeunesse avec seulement 6 candidatEs au Conseil d’Etat organisé par le Groupe de Liaison Genevois des Associations de Jeunesse (GLAJ-GE) la semaine dernière, je me posais la question de l’attention qu’on portait à ce sujet dans le cadre de cette campagne. Autant vous dire que le constat est malheureux. Déplorons tout d’abord l’absence de l’Entente (majoritaire au Grand Conseil) lors de cette discussion importante où aucun des candidatEs du PLR et du PDC ne s’est mobilisé. En outre, je repensais au « Grand Débat » organisé en direct par Léman Bleu[1] mardi dernier où l’ensemble du gratin politique de la République était réuni pour discuter des « grands sujets », mais où pas une seule fois la question de la jeunesse n’a été abordée. Voici donc ce qui m’a poussé à rédiger cet appel à la jeunesse genevoise qui ne vote encore que trop peu souvent mais qui est touchée de plein fouet par les politiques cantonales actuelles.

Le mois de mars 2018, à l’aube des prochaines élections cantonales, a été révélateur pour la jeunesse genevoise. La Tribune de Genève[2] a tout d’abord exposé les résultats d’une enquête de l’Office Fédéral de la Statistique affirmant que près 17% moins de 25 ans à Genève sont sans diplôme alors que la moyenne suisse de trouve un peu plus de 9%. Nous y apprenons également que près de 1000 jeunes quittent leur formation chaque année. Même s’il existe des institutions comme Cap Formations pour accompagner ces jeunes, le phénomène est alarmant et significatif de la situation actuelle du marché du travail que j’ai moi-même vécu. De même et dans un article du Temps[3] daté d’il y a un an, nous apprenions qu’un jeune sur quatre est endetté et que plus de 80% des personnes surendettées ont contracté leurs dettes avant l’âge de 25 ans. Concernant la complexification de la situation des étudiants dans le pays, l’Office Fédéral de la Statistique confirme les tendances actuelles qui sont préoccupantes par le biais d’une enquête[4]; près de ¾ d’entre eux/elles exercent une activité rémunérée pendant leurs études, seul 40% ont la possibilité d’habiter chez leurs parents et 12% contractent des dettes liées à leur étude.

D’un autre côté et à priori moins alarmant, au début du mois de mars dernier, notre Parlement a refusé un projet de loi à propos de la création d’un Conseil de la Jeunesse accompagné d’un poste de « Délégué à la jeunesse »[5]. Cela n’a l’air de rien mais malgré une association aussi active et inspirée que le Parlement des Jeunes Genevois (PJG) (http://pjgenevois.ch/) ou des initiatives comme CinéCivic poussant les jeunes à faire des courts-métrages pour inciter la jeunesse à voter, la participation moyenne des moins de 29 ans s’établissait à un peu moins de 47%[6] en 2015. Hormis le PJG qui reste une association qui n’a d’autres pouvoirs que d’essayer d’attirer la sympathie des politiques, existe-t-il un vrai mécanisme d’inclusion et de reddition de comptes aux jeunes genevois où leurs voix sont entendues. A l’image d’un Grand Conseil vieillissant et masculin (56,3 ans de moyenne d’âge[7] pour seulement 24 femmes et 12 députés de moins de 40 ans sur un total de 100 sièges en 2013, rappelons-le), il ne suffit pas de dire à ces jeunes, « allez voter ou ne vous plaignez pas ». Le Parlement a majorité de droite a souvent le don de prendre des décisions allant à l’encontre du soutien à la jeunesse que ce soit en matière de politique sociale ou culturelle. Que ce soit les exigences de plus en plus élevées de l’Office Cantonal de l’Emploi en matière d’accès au droit au chômage (possible seulement 6 mois après diplomation) ou le refus d’intégrer un salaire minimum pour les stagiaires dans le canton, l’entrée des jeunes sur le marché de l’emploi se fait de plus en plus précaire. Mais quand il s’agit de discuter de prévisions budgétaires ou de se plaindre du fait que 34% des genevois ne paient pas d’impôts[8] ou encore que 20% de la population genevoise ne vit qu’avec 3000 chf par mois[9], ce sont toujours les plus vieux et les plus masculins qui prennent les décisions touchant en priorité les plus jeunes. Tout ceci est paradoxal alors que ces députés vivent loin de leur réalité et dans une nostalgie de leur jeunesse qui est révolue et incomparable avec celle de nos jeunes actuellement (dans lesquels je m’inclus volontiers).

Le Parlement des Jeunes Genevois nous le rappelle pour les élections cantonales à venir[10], sur 31 postulants au futur Gouvernement, seuls 2 d’entre eux ont moins de 30 ans. Concernant le Législatif, je ne suis pas peu fier d’appartenir à une famille politique qui fait le pari de la jeunesse en présentant 16 Jeunes VertEs de moins de 30 ans[11], mais à voir les autres partis dont les majoritaires, cela reste préoccupant ; EaG : 8 / PS : 8 / PLR : 6 / PDC : 5 / UDC : 9 / MCG : 5 (seulement 73 candidatEs de moins de 30 ans sur un total de 621 candidatEs pour 100 sièges à l’arrivée). Il est sûr que je préfère voter pour des idées plutôt pour un sexe ou une moyenne d’âge, mais la réalité de notre Parlement nous pousse aujourd’hui à faire un constat urgent, il est absolument nécessaire d’élire des députés avec une plus grande proportion de femmes et de jeunes, il en va du soutien à la jeunesse genevoise qui n’a été que trop rare durant ces 5 dernières années. La législature à venir pourrait représenter un tournant pour les jeunes et leur accès au premier emploi et au logement. Que ce soit l’élargissement des bourses d’étude ou la réduction du traitement de leur dossier de demande, le salaire minimum des stagiaires (à l’image des avocats stagiaires qui en disposent d’un à 3500 chf par mois[12]), le prix de l’assurance maladie pour les jeunes (plafonné à moins de 10% des revenus annuels si l’initiative de l’Alternative est acceptée[13]) ou encore la possibilité de créer une garantie loyer d’Etat (pour le premier logement) ou mettre en place une répartition des nouveaux logements destinée en priorité à des jeunes en formation ne disposant pas d’alternative parentale, ne sont là que quelques besoins qui devraient être exigés par la jeunesse du canton. Malheureusement pour elle et au vu de la composition actuelle du Grand Conseil, l’espoir est mince voire maigre. Dès lors, il ne lui appartient plus qu’à changer la donne pour enfin entrevoir des solutions aux problèmes grandissants auxquels elle fait face. Cela commence dès le 15 avril prochain lors des élections cantonales 2018…

Je dis donc ; « JEUNESSE GENEVOISE, LEVE-TOI ET VOTE »

 

[1] http://www.lemanbleu.ch/fr/News/Le-grand-debat-des-electi...

[2] https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/jeunes-formation...

[3] https://www.letemps.ch/suisse/geneve-surendettement-jeune...

[4] https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/educati...

[5] https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/conseil-jeunesse...

[6] https://www.ge.ch/cinecivic/statistiques.asp#ge

[7] https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/candidat-dismoi-...

[8] https://www.tdg.ch/signatures/reflexions/34-des-Genevois-...

[9] https://www.tdg.ch/economie/argentfinances/pauvrete-s-ete...

[10] https://www.facebook.com/PJGenevois/posts/2044885562205799

[11] https://www.facebook.com/jvge.ch/posts/1613362555368343

[12] https://www.letemps.ch/suisse/avocats-genevois-modernisen...

[13] https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/gauche-veut-plaf...

15:58 Publié dans Cantonales 2018 | Tags : éléctions, cantonales, 2018, jeunesse, genevoise, chômage, étudiants | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |