13/04/2015

Non Monsieur Décaillet, convaincre comme Verts n'est pas une question de lisibilité, c'est plutôt faire 3x plus avec 3x moins de moyens...

Alors que je me réveille tranquillement ce matin en prenant mon café, j'ai failli l'avaler de travers en lisant une incendiaire (intitulée "Illisibles, les Verts ne font plus recette") sur le blog de notre cher ami Pascal Décaillet censée lancer un débat de fond sur la politique verte, ses échecs et ses défis (http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/04/12/illisibles-les-verts-ne-font-plus-recette-266286.html). Oui c'est vrai, le week-end dernier, la section zurichoise des Verts a dû faire face à une sacrée défaite avec les pertes de 6 sièges au Grand Conseil zurichois ainsi que la perte du siège de Martin Graf à l’Exécutif, peut-on pour autant juger le travail de ce parti depuis 35 ans et le réduire à l'effet "Fukushima" et à continuer de nous prendre pour les fils de Woodstock voulant faire la guerre au nucléaire "bédo" à la bouche?!

Je ne me suis pas personnellement présenté chez les Verts pour avoir à assumer une image de "roots" aux dreadlocks idéaliste, ayant des idées "illisibles" et devant grappiller les restes de siège que le PS et les Verts Libéraux nous laisseraient. Non Monsieur Décaillet, ce n'est pas une question de lisibilité, et non, le bien-fondé de notre politique n'est pas un "simple effet Fukushima". L’écologie et l’écologie sociale plus en général, celle de Murray Bookchin, Ernst Haeckel et autres pairs, n'est pas une mode optionnelle et opportuniste de "gaucho", c'est une nécessité d'une clarté que seuls les ignorants pourraient contester. Le taux de chômage, le coût de l’énergie, l'évolution des types de cancer, la cherté des transports et l'augmentation de la pauvreté dans notre canton ne sont que quelques exemples qui n'ont pas besoin de chiffre pour démontrer le besoin criant de rationalisation et de limitation de notre consommation et de notre production.

Faut-il rappeler également que Martin Graf, tout comme Michèle Kunzler et son plan TPG, a du faire faire face à un coup médiatique avec l'affaire "Carlos" (du nom d'un jeune délinquant dont les coûts de détention ont été assez élevés en raison d'un profil psychologique particulier) résumant tout son mandat politique à un article type 20min.ch arguant un titre vendeur: "«Carlos» suit des séances de fitness aux Pays-Bas (19'000 francs mensuels pour un délinquant)" (http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/30776093). Faut-il rappeler qu'en ce moment, en Europe, il ne fait pas bon être de gauche et encore moins d'être écologiste (défaite des écologistes en Norvège, en France, en Finlande, il n'y a guère que la Suède qui a survécu). Les votes de gauche ou de centre vont maintenant à la droite voire à l'extrême droite qui tient un discours charmeur aux idées préconçues, irréalistes, mensongères et aux solutions inexistantes (du genre la priorité de l'emploi aux Onésiens ou l'abolition de la péréquation financière communale). Ainsi, il devient facile de punir la gauche pour la moindre erreur (et encore, à voir si Kunzler est entièrement coupable dans un plan de réforme qu'elle n'avait pas décidé, tout comme Graf qui n'a fait qu'appliquer une décision du Tribunal Fédéral) et de voter extrême droite sans en voir le moindre résultat et avoir le moindre recul sur le vrai bilan des magistrats de gauche.

Je suis le premier à critiquer mon propre camp quand il s'agit de se montrer un peu plus agressif et entreprenant dans notre communication et la manière dont on véhicule (sans mauvais jeu de mot) nos idées. Sans refaire tout le programme des Verts, je ne pense pas que les idées suivantes soient illisibles ou irréalisables: la construction et la rénovation des logements du canton pour une densification raisonnable des zones d'habitation, la conversion de la pointe de la Jonction en parc avec une usine Kugler transformée en espace de culture digne de ce nom, l'aboutissement du projet PAV déjà initié par notre magistrat et enfin, une réforme du plan TPG avec trois pôles d'échange: Bel Air-Plainpalais-Cornavin. Il s'agirait aussi du côté des médias de relever avec autant de vigueur les réussites que les erreurs de nos magistrats (en parlant de la gauche en général), j'en veux pour preuve le bilan plus qu’honorable de notre magistrate à la cohésion sociale et la solidarité avec un parlement coupant de plus en plus dans son budget: le maintien d'un EMS à Fort-Barreau, le maintien de deux crèches Crescendo & Edmond Kaiser (malgré le nombre de place en diminution), l'ouverture de deux maisons de quartier, etc.


Comme décrit dans le titre de mon coup de gueule, je ne crois pas que c'est une question de lisibilité, de mode ou autre, c'est tout simplement une question de moyen et de contexte politique. Faut-il rappeler que les Verts ont sans doute un des plus petits budgets de campagne de tout le canton et que leurs idées, aussi ambitieuses soient-elles, ne se vendent pas avec des slogans réducteurs et simplistes affichés sur des autocollants collés aux devantures de magasin. Nous sommes les premiers à faire notre mea culpa, à ne pas entrer dans un dogmatisme politique qui résumerait nos idées à la simple écologie, mais nous sommes fatigués d'être constamment réduits à des options politiques qui ne profiteraient que d'une vague de mode et d’émotion (cf. Fukushima). Notre programme est ambitieux, réaliste et offre surtout une alternative de gauche sérieuse. Il serait temps aussi de dénoncer avec autant de vigueur la droite que la gauche, dénoncer les manipulations fallacieuses des partis d'extrême droite. Qu'on nous juge sur notre bilan et pas sur les articles du 20 minutes nous concernant...

13:02 Publié dans Humeur | Tags : verts, municipales, pascal décaillet | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |