Moins de 30 ans, et alors ? - Page 3

  • Revenu de Base Inconditionnel (RBI) = Immigration de masse + incitation à la fainéantise ? Merci la droite pour cette savante équation sortie de son imaginaire!

    Il y a de ces jours pluvieux où nous nous réjouissons quand même de sortir de l’ordinaire en participant à des débats de fond sur un sujet historique de votations fédérales comme celui sur le Revenu de Base Inconditionnel (RBI). Même si mon avis est déjà assez tranché sur la question, je prends quand même le temps d’écouter les avis divergents, notamment ceux des experts sortant de l’argumentation politico-politique habituelle. J’ai donc pris la peine de répondre présent à cette initiative, plus que bienvenue, de trois associations étudiantes de l’Université de Genève d’organiser un débat public sur la question dans cette bonne vielle salle MR-080 de l’Unimail qui peut me rendre tantôt nostalgique et tantôt aigri, me rappelant tant de souvenirs estudiantins.

    Premier problème à la présentation du débat, les invités choisis ; deux locaux en défaveur de l’initiative (Prof. Müller, enseignant l’économie à l’UNIGE et Mme Fontanet, Députée PLR au Grand Conseil, deuxième meilleure élue des dernières élections cantonales à Genève nous rappelle-t-on) vs. un étranger en faveur de l’initiative (Prof. Van Parijs, enseignant la philosophie à l’Université de Louvain). S’il y a deux personnes en défaveur d’une proposition dans un débat contradictoire, pourquoi leur oppose-t-on une seule personne en faveur de ladite proposition (étranger et philosophe qui plus est, manquant peut être de réalité locale des chiffres face à deux « techniciens » locaux) ? Deuxièmement, quand on prend la peine d’inviter un politicien de droite, l’honnêteté intellectuelle voudrait qu’on invite un politicien de gauche pour garantir l’équilibre politique du débat, mais de toute évidence, le débat contradictoire était déjà biaisé d’avance.

    Malgré les circonstances du débat, je me dis qu’à l’UNIGE, on arrive toujours à une réflexion de fond sur des sujets révolutionnaires et d’importance capitale comme le RBI. Et bien figurez-vous que ce n’était absolument pas le cas ! Nous avons eu le droit à un débat sur l’impossibilité du financement du RBI et sur son montant « astronomique » (alors que les deux questions ne sont pas fixées dans le projet de loi proposé en juin prochain), rien ou presque sur le principe même d’un revenu de base inconditionnel, sa justification en Suisse et sur les réponses qu’il apporte à la perdition de nos assurances sociales. Tout d’abord, une introduction historico-sociale du Professeur de philosophie belge (père du « Basic Income Earth Network », mouvement international datant des années 80 ayant initié l’idée d’un revenu de base inconditionnel[1]) nous expliquant les origines du RBI sans grande contextualisation suisse. Puis, nous attaquons directement la situation en Suisse avec la représentante PLR qui nous explique que le premier argument de son parti, c’est l’appel d’air à l’immigration qu’introduirait une telle mesure. Tout cela sans compter le fait qu’elle pousserait à la fainéantise et n’inciterait pas à travailler. Le dernier argument consistait à dire qu’en Suisse, le système de subsidiarité des assurances sociales allait au mieux et que notre taux de chômage était de loin l’un des plus bas d’Europe justifiant une non-remise en cause d’une réalité qui est bien plus inquiétante. C’est un triste constat chers lecteurs que de voir que le PLR s’assaisonne aux épices UDC, que les Radicaux n’existent plus dans ce parti, et surtout, de constater comme il est petit et malhonnête d’utiliser de tels arguments populistes et en dehors de la réalité suisse, chiffres à l’appui;

    • Manque de chance pour Mme Fontanet, le Secrétariat d’Etat à l’Immigration vient de publier une étude qui affirme que l’immigration est en « forte baisse au premier trimestre 2016[2] » en Suisse.  L’immigration a baissé de 9,7% et l’émigration à augmenté de 11,5% par rapport à 2015, le solde migratoire est même en baisse de 34.5% par rapport à la même année. Alors non Madame, quand on fuit un pays en guerre, on ne choisit pas sur une carte quel pays hôte est le plus favorable et on ne prend pas sa décision en fonction du système social et politique du pays où on tente de s’installer temporairement.
    • Comme par hasard, le 5 juin prochain, nous voterons sur une révision de la loi sur l'asile (LAsi) proposée par une conseillère fédérale socialiste et dont les opposants soulignent le caractère encore trop inhumain et administratif d’une telle réforme[3]. Les opposants expliquent justement que l’immigration est déjà fortement en baisse depuis plusieurs années et que les politiques de durcissement à l’égard des migrants ne changent pas le problème de fond ni leur motivation. Sachez Madame Fontanet qu’un RBI ne changera rien de ce côté-là, pour voyager et s’établir en Suisse, il faut beaucoup de chance (en passant les réseaux de trafiquants d’êtres humains et autres) et d’argent, sans compter le fait qu’il faille des PERMIS DE SEJOUR de plus en plus impossibles à obtenir !
    • L’incitation à la fainéantise et la non-incitation au travail se passe dans l’imaginaire du PLR, si ces derniers pensent qu’il est possible de vivre avec 2500 chf/mois dans les grandes villes de Suisse, qu’ils me le montrent, je serais curieux de le voir. Ceux d’autant plus que manque de chance pour Madame Fontanet, un sondage récent atteste que « seul 2% des Suisses arrêteraient de travailler[4]» en cas d’acceptation du RBI. J’aimerais bien un jour que la droite nous donne d’autres arguments que la non-incitation au travail, qu’elle arrête de stigmatiser ceux qui ne travaillent pas à temps plein ou pas du tout ET QUI CREENT EGALEMENT DE LA RICHESSE (« plus de 55% du temps de travail nécessaire à la production de la richesse n’est pas rémunéré, soit plus de la moitié du temps total [5]» grâce aux femmes notamment). Les opposants ne répondent pas à la question de savoir comment nous allons faire face à ce qu’on appelle la 4ème révolution (révolution de l’aire robotique et de l’automatisation de certaines tâches) et le fait qu’elle conduit vers une disparition du plein-emploi (entre 1991 et 2015, les hommes à temps partiel sont passés de 7,7% à 16,4% tandis que les femmes sont passées de 49,2% à 58,7% sur la même période[6]). Comment justifier une transition économique vers un système d’emplois à temps partiel sans bonifier et inciter la création de richesse provenant d’activités non-rémunérées grâce au temps libre ?
    • Si le système d’aides sociales allait si bien en Suisse, comment explique-t-on qu’il y a eu une augmentation de 8% des personnes ayant eu recours à l’Hospice général à Genève l’année dernière[7], que le financement de l’AVS est toujours négatif (-579 mio. en 2015[8]) sans parler des ayant droits n’osant pas demander l’aide sociale dont ils auraient besoin pour soulager leur niveau de pauvreté et qui ne le font pas (pas encore de chiffres tangibles en Suisse mais selon un rapport du Comité national d'évaluation du Revenu de solidarité active (RSA) en France datant de 2011, près de 50% des ayant-droits ont renoncé à en faire la demande[9]). Si l’économie et le chômage de notre pays se portaient si bien, nous n’aurions pas 150 suicides/an liés au chômage (« un suicide sur cinq peut être mis en relation directement ou indirectement avec l'absence d'emploi »[10]). Faut-il rajouter que si le modèle de plein emploi suisse était un pur bonheur, nous ne ferions pas face à ce constat alarmant : «40% des Suisses déclarent souffrir d'une tension psychique forte au travail[11]». Le RBI s’affirme certainement comme un remède à ces maux puisqu’il incite à la baisse du temps de travail changeant les mentalités ne jurant que par le plein emploi comme modèle de bonheur et de prospérité économique.

    Alors voilà, je demande que d’ici au 5 juin, nous parlions du « principe » d’un revenu inconditionnel de base comme le stipule l’initiative, que si on est pour ou contre, on débatte avec des arguments sérieux (comme la transition AVS/AI vers le RBI, sa mise en application en fonction de la différence de coût de la vie dans les différents cantons, etc.). En d’autres mots, qu’on arrête le populisme et l’alarmisme mensonger. On doit bien évidemment parler de ces chiffres avancés (2500 chf/adulte et 625 chf/mineur), mais qu’on arrête, s’il vous plaît, d’encore lancer la menace de l’immigration massive (sur laquelle on a bien assez légiféré, dont on a bien assez parlé et qui surtout ne reflète pas la réalité) et la glorification de la création de richesse par le travail rémunéré qui n’ont de réalité que dans l’imaginaire hallucinogène de certains politiques de droite et certains économistes. Comparons-nous à ce qui se fait de mieux en Europe (la Scandinavie et l’Islande par exemple), réfléchissons sérieusement à la transition du modèle de plein emploi vers ce modèle généralisé d’emploi à temps partiel, débattons d’une possible introduction progressive d’un RBI sans pourtant être obnubilé par ces fameux 2500 chf/adulte car ce n’est pas là-dessus que nous votons. Et surtout, proposons des projets alternatifs au modèle actuel d’aides sociales qui tend sans aucun doute vers sa déchéance et dont nous devrons régler la question plutôt tôt que tard !

    [1] http://www.basicincome.org/about-bien/#history

    [2] http://www.24heures.ch/suisse/immigration-forte-baisse-suisse/story/18666905

    [3] http://www.lecourrier.ch/137933/appel_pour_la_sauvegarde_du_droit_d_asile

    [4] http://www.24heures.ch/news/standard/seuls-2-suisses-arreteraient-travailler/story/26022289

    [5]http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/regionen/thematische_karten/gleichstellungsatlas/unbezahlte_arbeit.html

    [6] http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/20/05/blank/key/erwerbstaetigkeit/teilzeitarbeit.html

    [7]http://www.rts.ch/info/regions/geneve/7629079-forte-hausse-des-beneficiaires-de-l-aide-sociale-l-an-dernier-a-geneve.html

    [8] http://www.24heures.ch/suisse/chiffres-avs-plongent-rouge/story/19920314

    [9]http://rue89.nouvelobs.com/2012/02/29/ils-ont-droit-aux-aides-sociales-mais-ne-les-demandent-pas-229797

    [10] http://www.lematin.ch/suisse/En-Suisse-150-suicides-par-an-sont-dus-au-chomage-/story/31930611

    [11] http://www.rts.ch/emissions/temps-present/sante/1767050-malades-du-travail.html

  • Et si on nationalisait la vente d’alcool en Suisse ?

    A l’heure actuelle, les débats font rage sur les coupes budgétaires en Suisse (sur lesquelles nous voterons à Genève le 5 juin prochain) comme en Ville de Genève où le Conseil Municipal a décidé d’amputer certains secteurs importantissimes ;

    « Moins 2 % à toutes les structures subventionnées (groupe 36) ; moins 10 % dans les fonds généraux destinés à la création artistique et au soutien des artistes et compagnies indépendantes (groupe 36) ; moins 2,5 % dans les prestations culturelles et sociales offertes à la population (groupe 31). »[1]

    On discute également du renflouement de l’AVS (800 mio. de perte en 2015[2]) ou encore du financement potentiel du Revenu de Base Inconditionnel (si on suit le montant indicatif des initiants de 2500/ adulte et 650/mineur, il manquerait 25 mia. chf encore à trouver selon Conseil Fédéral). Il s’agit donc de faire un choix d’avenir pour la société entre l’introduction d’un nouvel impôt, une répartition plus égalitaire du budget de la Confédération ou une diminution du rythme de l’Etat ce qui paraît difficile à justifier au vu des perspectives démographiques du pays, de la bonne santé économique ou encore de l’augmentation du nombre de personnes à l‘aide sociale (+ 7% à Genève l’an dernier[3]).

    Au lieu de se satisfaire de notre santé face à celle de nos voisins, je préfère regarder vers le haut pour prendre exemple sur les pays dont on devrait prendre certaines tendances comme la Scandinavie et l’Islande. A cet effet, la Norvège pourrait nous donner quelques idées comme la nationalisation de la vente d’alcool grâce à la chaîne d’État appelée « Vinmonopolet [4]» qui contrôle a distribution d’alcool de plus de 4,75° dans le pays avec près de 211 magasins représentant 80 % du marché total des vins, spiritueux et bières fortes[5] (20% restant = distribution d’alcool par les bars, restaurants et hôtel). En plus des rentrées fiscales liées à ce genre de politique, il apparaît être un outil intéressant pour la prévention de l’alcoolisme (particulièrement chez les jeunes avec des horaires strictes de fermeture ; 18h en semaine et 15h le samedi).

    Si nous nous projetons en Suisse avec une telle mesure, le coût de la santé lié à l’alcool était de 4,2 mia. chf en 2010 selon l’Office Fédéral de la Santé Publique[6] avec d’importantes conséquences sur la jeunesse suisse. Selon des chiffres de la RTS, les ventes globales représenterait 10 mia. chf en 2010 alors que la consommation, elle, se montait à 36 litres de vin/pers., 56.5 litres/pers. et 8.4 litres de spiritueux en 2012[7]. Il va de soit que certaines exceptions pourraient être attribuées aux viticulteurs suisses ainsi qu’aux magasins de tabac pour ce qui concerne le vin et la bière ne dépassant pas les 4,75° (cette limite est négociable également, je n’en fais mention qu’à titre d’exemple). En plus d’être une mesure de santé drastique qui réduira à coup sûr les coûts de la santé, ceci pourrait représenter d’importantes rentrées fiscales pour l’avenir de notre système social et de la culture en Suisse. La création d’un marché noir constitue le revers de la médaille, mais cette conséquence permettrait de créer des emplois d’Etat pour son contrôle en plus de son impact relatif comparé aux gains d’une telle mesure. Quoi qu’il en soit, à vos claviers, le débat est lancé…

     

    [1] http://www.galpon.ch/Non-aux-coupes-budgetaires-en-ville-de-Geneve

    [2] http://www.24heures.ch/suisse/avs-devrait-perdre-800-millions-2015/story/30247510

    [3] http://www.rts.ch/info/regions/geneve/7629079-forte-hausse-des-beneficiaires-de-l-aide-sociale-l-an-dernier-a-geneve.html

    [4] http://www.vinmonopolet.no/

    [5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Vinmonopolet

    [6] http://www.bag.admin.ch/themen/drogen/00039/13088/14719/index.html?lang=fr

    [7] http://www.lematin.ch/suisse/La-consommation-moyenne-d-alcool-a-baisse/story/14043277

  • A quand la fin de la récréation UDC ? Arrêtons les « soulagements » et traitons le mal à la racine…

    295c0c3e-84ee-11e3-aa72-770c65db20cb.JPG« Ouf », vous avez dit « ouf » de soulagement après ce dimanche de votations à sueur froide. Encore un dimanche où nous votons sur un objet indigne des institutions helvétiques, indigne du peuple suisse et indigne du principe de démocratie semi-directe. Et c’est au cours de ce type de journée de votations que je me souviens…

    Je me souviens de 2004 où nous votions sur l’« Internement à vie pour les délinquants sexuels ou violents jugés très dangereux et non amendables », en 2009 ensuite, où nous avons eu le droit à « l‘initiative contre la construction de minarets », puis en 2010, c’était l’initiative « pour le renvoi des criminels étrangers », et enfin en 2014 celle sur « l’immigration de masse ». C’est alors qu’arrive l’objet des votations d’hier et qui a mobilisé les troupes du « non » en février 2016, comme si cela ne suffisait pas des simples initiatives, nous votions sur l’« initiative de mise en œuvre sur le renvoi des criminels étrangers»…

    Cela va s’arrêter ou ? Certaines sources parlent d’un prix moyen pour une initiative populaire de 150'000 chf[1].

    2016219_GRU_Page_300202_451167_lptv.jpgAllons-nous arrêter ce sketch bientôt, allons-nous continuer à voter sur des objets qui bafouent la procédure et le rôle de l’Assemblée Fédérale, qui bafouent les traités internationaux et qui, à défaut d’amener des solutions, provoquent des tensions inutiles entre citoyens suisses et étrangers sur le sol helvétique ? En effet messieurs-dames, l’ensemble de ces initiatives lancées presque librement par l’UDC ne résolvent rien, vont à l’encontre de l’art. 190 de la Constitution[2] qui décrète l’application du droit international et surtout représente un gaspillage de salive et d’argent de près de 150'000 chf à chaque fois. Tout cela, sans compter évidemment sur l’image salie du pays à l’international, une détérioration de son climat social et de sa démocratie semi-directe.

    Plus que d’être soulagés à chaque fois que de telles initiatives sont débattues puis votées par le peuple, il va falloir combattre le mal à la racine. Qui contrôle la constitutionnalité et l’applicabilité de telles initiatives quand il s’agit d’objets qui ne sont pas applicables juridiquement parlant, qui violent de nombreux traités internationaux (Pacte relatif aux droits civils et politiques, Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, Convention européenne des droits de l’homme, etc.) et qui entrainent des campagnes politiques avec des messages discriminatoires aux relents de xénophobie.

    L’UDC connaît tellement bien les limites de notre système par rapport à la constitutionnalité des initiatives que le projet d’initiative le plus grave de l’histoire est actuellement en cours de récolte de signatures, il se nomme : «Le droit suisse au lieu de juges étrangers (initiative pour l'autodétermination)». Cette initiative permettra, je cite, « La protection des droits humains et fondamentaux se fera «de manière autonome» »[3] au détriment d’institutions (Cour Européenne des droits l’homme par exemple) et de traités internationaux (comme la Convention Européennes des droits de l’homme) dont nous avons historiquement défendu la création et l’autorité. Ajouter à cela son titre sexy évocateur du marketing si UDC mais ô combien mensonger sur le pouvoir des juges étrangers dans les juridictions suisses.

    AfficheMinarets.jpgAujourd’hui, il n’existe pas de contrôle automatique de constitutionnalité des initiatives[4]. Une initiative populaire ne peut être remise en cause que s’il existe une contestation (coûtant du temps et de l’argent) dénonçant son incompatibilité avec le droit constitutionnel en vigueur et /ou le droit international. C’est l’article 189 al. 1 de la Constitution qui confère le pouvoir de ce contrôle au Tribunal Fédéral[5]. D’où ma question, la société civile conteste-t-elle assez souvent ces initiatives quand elles sont lancées, en a-t-elle les moyens de les contester et finalement, est ce que le Tribunal Fédéral a les ressources nécessaires pour effectuer correctement son travail de contrôle quand contestation il y a? Si, comme je le crois actuellement, la tendance des réponses à ces questions va vers le non, il s’agit de prendre des mesures afin de lutter contre ces objets de vote éphémères, dangereux et allant dans le sens contraire des idéaux de notre pays.

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    Le tabou n’a pas lieu d’être, il n’est plus possible de se coucher devant les menaces de limitation de la démocratie semi-directe quand nous votons chaque année sur des initiatives bafouant elles-mêmes notre Constitution et les traités internationaux directement applicables en Suisse. La démocratie directe commence par le respect de ses propres institutions et ses propres engagements. Quand il s'agit de remettre en question nos engagements internationaux, c'est l'ensemble d'un traité qu'il faut dénoncer ou adopter officiellement des réserves. La ratification d'un instrument juridique international n'est pas un menu fast food que l'on achète et dont enlève la feuille de salade et le concombre de l'intérieur du sandwich. De même, une initiative populaire allant à l'encontre des fondements et de certaines dispositions d'un traité international ratifié par la Suisse ne peut être lancée que si le traité en question a été dénoncé ou si la Suisse avait émis des réserves. Ces mêmes réserves nous permettant alors d'adopter des loi d'exception n'entrant pas en conformité avec ces mêmes dispositions internationales. Personnellement, je pense qu’il est grand temps d’avoir un débat de fond sur la création d’une Cour Constitutionnelle ou de tout autre mécanisme entrainant un contrôle automatique de certains délires d’initiative !

     

    [1] https://www.ch.ch/fr/initiatives-populaires/

    [2] « Art. 190 Droit applicable: Le Tribunal fédéral et les autres autorités sont tenus d'appliquer les lois fédérales et le droit international », https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#a190

    [3] http://www.tdg.ch/suisse/politique/L-UDC-lance-son-initiative-pour-la-primaute-du-droit-suisse/story/27129052

    [4] http://www.humanrights.ch/fr/droits-humains-suisse/interieure/democratie-directe/constitutionnalite/de-juridiction-constitutionnelle

    [5] Art. 189 al. 1 : « Le Tribunal fédéral connaît des contestations pour violation: a. du droit fédéral; b. du droit international; c. du droit intercantonal; d.des droits constitutionnels cantonaux; e. de l'autonomie des communes et des autres garanties accordées par les cantons aux corporations de droit public; f. des dispositions fédérales et cantonales sur les droits politiques. », https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19995395/index.html#fn-#a189-1